 |
|
| |
 |
Historique
|
 |
|
|
| |
|
|
| |
Une opération de créativité a été menée en Basse-Normandie de janvier 1998 à janvier 1999 dans le cadre de l'opération GRAVIR (Groupe Régional d'Action pour la Valorisation Industrielle de la Recherche). Cette opération de créativité a été animée par le cabinet EAC - J. LE SEAC'H de Caen.
Ce rapport synthétique présente les résultats de la première étape : identifier les principaux problèmes qui entravent une collaboration efficace entre les trois partenaires de l'innovation.
|
|
|
1 - Calendrier de l'opération
|
+ Janvier-juillet 1998 : identification des obstacles (étape 1)
+ Septembre 1998 : rédaction du rapport synthétique
+ Septembre-décembre 1998 : propositions pour tenter de résoudre les principales difficultés identifiées (étape 2)
+ Janvier 1999 : rédaction du rapport final
|
|
|
2 - Participants à l'opération
|
* Chefs d'entreprises
D. BARRAULT ( PVO - 61), B. BUCAILLE (MICROCOM - 14), H. GRIMAUD (ELECTREL - 14), P. GUETIN (PHILIPS COMPOSANTS - 14),
J. LE SEACH (Biscuiterie de l'Abbaye - 61), J. LEDIEU (DIGIPRESS - 14), B. NOEL (DIELEN - 50), D. PICHON (BENOIST GIRARD - 14), T. SAVALLE (ATA - 50), F. THIEBAULT (La roue du Pays d'Auge - 14), D. VAILLANT ISOROY - 14).
*Membres du Réseau de Diffusion Technologique
O. BARBE (CRITT ISPA - 61), JP. COLOMB CRITT BNC - 50), MC. GIRET (ANVAR Basse-Normandie), P. HOUZET (CTN - 14), R. LAURENT (BTT Chambre Régionale des Métiers), B. PICOCHE (CRT ADRIA NORMANDIE - 14), C. VAN PUYVELDE (DRIRE Basse Normandie).
*Experts GRAVIR
J. COSSON (Biologie appliquée, Université de Caen - 14), G. DESGARDIN (Matériaux, ISMRA - 14), E. NAKACHE (Chimie Organique Fine, ISMRA - 14), M. REVENU (Traitement et Analyse díImages, ISMRA - 14), J. TILLIER (Electronique, ISMRA - 14), B. VALLEE (Algorithmes, monétique, Université de Caen).
|
|
|
3 - Déroulement de l'opération
|
Les trois groupes se sont d'abord réunis séparément, deux fois deux heures. Un groupe mixte a ensuite procédé au dépouillement des résultats. Enfin, une réunion de l'ensemble des participants a permis, fin mai 1998, de débattre des résultats, de valider la synthèse, de définir les axes qui en résultent et de mettre en place des groupes de travail mixtes pour chacun de ces axes. Le présent rapport constitue la synthèse du travail effectué au cours de l'étape 1. Le lancement de l'étape 2 est présenté au paragraphe 5.
Nous ne décrirons pas la démarche sophistiquée d'une opération de créativité (séquences, interactions, collecte des "phrases", notation, analyse des courbes, etc.) pour nous attacher aux principaux enseignements qui en résultent. On verra que, bien souvent, il ne s'agit pas de "scoops", mais plutôt de confirmation et surtout d'identification de l'importance relative des différents blocages. On verra aussi quels types de réponses les différents partenaires vont s'efforcer de mettre en place.
|
|
|
4 - Principaux enseignements
|
|
Il s'agit maintenant à partir de ce constat de faire des propositions pour tenter de résoudre les problèmes qui peuvent l'être.
Une première remarque s'impose, d'ores et déjà, qui découle du constat précédent : il est confirmé que le RDT-BN doit jouer un rôle décisif dans la relation chercheurs-entreprises. Il est clair aussi que, sans une structure du type GRAVIR, l'accès à la connaissance de l'offre et, donc, aux compétences de la recherche publique, est très difficile. RDT-BN + GRAVIR sont les moyens d'une bonne relation, sans discontinuité entre recherche publique et entreprises.
A partir du travail de synthèse, des participants à l'opération, quatre axes ont été définis et quatre groupes de travail mis en place, l'échéance est la fin 1998.
|
Groupe 1 |
Groupe 2 |
Groupe 3 |
Groupe 4 |
|
Mise au point
d'un code de bonne conduite entre chercheurs et chefs d'entreprises |
Comment améliorer
la collaboration entre les membres du RDT et la recherche publique |
Proposer une
méthode d'évaluation de l'activité des chercheurs
en direction des entreprises |
A partir du dépouillement
des résultats de l'étape 1, proposer des solutions
concrètes, d'application immédiate pour améliorer
la collaboration entre les trois parties. |
- LE SEAC'H
- B. VALLE
- JP. COLOMB (BNC)
- VAILLANT
- E.NAKACHE
- KRAEMER
|
- D. BARRAULT
- M. REVENU -
P. HOUZET
- J. TILLIER
- C. VAN PUYVELDE
|
- F. THIEBAULT
- G. DESGARDIN
- O. BARBE
- H. GRIMAULT
- J. COSSON
|
- BUCAILLE
- R. LAURENT
- PICHON
- B. PICOCHE
|
Enfin, un comité assure le pilotage de cette dernière étape (1 réunion par mois).
* F. THIEBAULT (entreprises)
* G. MARIEY (animateur du RDT)
* J. COSSON (GRAVIR)
* J. LE SEAC'H (EAC)
* JC. JOUSSET (DRRT)
|
|
| |
|
4.1 Les conditions qui favorisent la collaboration
|
a) La confiance
Il ressort, d'une manière très forte, de cette opération que le maître-mot, le premier critère de la collaboration, est la confiance. Celle-ci est à établir, notamment et de manière réciproque, entre le chercheur et líentreprise.
* Confiance dans l'aspect économique de la collaboration
Exemples :
- Le chercheur et son laboratoire ont le souci d'une rétribution juste de leur contribution (compétences et moyens),
- L'entreprise, bien entendu, cherche son intérêt économique et comprend, parfois mal, qu'elle doive financer une collaboration où les compétences et moyens sont financés par de l'argent public.
* Confiance dans la capacité de chacun à s'investir
Exemples :
+ Trouver un "bon" chercheur (le terme efficace revient très souvent)
+Ll'entreprise va-t-elle "comprendre" le chercheur ?
Confiance dans la volonté de chacun à résoudre le problème posé
Exemple :
+ L'entreprise attend du chercheur qu'il soit fiable et s'implique.
Confiance dans la juste appropriation des résultats
Exemple :
+ Le chercheur sera-t-il "discret" ?
+ Comment le rôle du chercheur sera-t-il reconnu ?
b) La franchise
Le chef d'entreprise attend des résultats, pas des discours. Il est clair que les chefs d'entreprise craignent d'être "menés en bateau". C'est un trait significatif d'une méconnaissance profonde des uns par les autres.
c) Le partenariat
Chacun est conscient de l'importance du rôle des deux autres mais aucun n'est accoutumé à un travail en réel partenariat où chacun trouve son compte.
Exemples :
+ Il faut que les résultats puissent valoriser mon entreprise
+ Problème des stages étudiants et plus généralement de l'emploi scientifique en entreprises.
d) Attachement à l'aboutissement
C'est un point important qui met en jeu les notions de délai (cf. ci-dessous), mais aussi la prise en compte :
- par le chercheur des impératifs économiques contraignants de l'entreprise,
- par l'entreprise ou le membre du RDT-BN des impératifs professionnels du chercheur tels que l'enseignement, l'encadrement doctoral, sa recherche fondamentale au sein du laboratoire, etc.
|
|
|
4.2 Les handicaps qui freinent la collaboration
|
a) Les délais
C'est un problème important, bien connu, soulevé aussi bien par les chefs d'entreprise que par les membres du RDT-BN. Il faudra le résoudre dans une démarche de partenariat qui devra instaurer un climat de confiance (cf. 4.1). Ce problème devra avoir une solution concrète (cf. paragraphe 5).
b) La confidentialité des résultats
Là aussi, problème bien connu, ce n'est pas, pour autant, qu'il est résolu. Il ne peut plus être question ici seulement de partenariat ou de confiance, il faut évoquer la question de la reconnaissance du travail du chercheur et de son évaluation (cf. paragraphe 5).
c) La méconnaissance mutuelle des compétences
Pour ce qui est de la méconnaissance par les chefs d'entreprise et les membres du RDT-BN des compétences de la recherche publique, c'est désormais une telle évidence que la démarche GRAVIR consiste, en premier lieu, à faire disparaître ce handicap.
Mais il y a aussi une méconnaissance par les chercheurs des compétences des membres du RDT-BN dont il faut rappeler ici qu'ils devraient être leurs interlocuteurs privilégiés puisqu'ils travaillent à l'ANVAR, à la DRIRE, dans des CRITT ou, encore, dans des chambres consulaires. Il y a aussi une méconnaissance par les chercheurs des compétences des chefs d'entreprise en général. C'est un résultat qualitatif important, que le constat qu'au cours des réunions "mixtes", les uns ont découvert que les autres n'étaient pas des martiens et réciproquement. Même s'il existe, objectivement, une différence culturelle de par les formations des uns et des autres, le déroulement de leur vie professionnelle ou encore leurs objectifs, il serait totalement contre-productif de vouloir nier (voire supprimer !) cette différence culturelle. Il faut bien au contraire s'en servir pour enrichir la collaboration et le partenariat.
|
|
|
4.3 Remarques sur les acteurs
|
Ce paragraphe, par rapport aux précédents, va permettre de préciser un peu qui pense quoi.
a) Les chefs d'entreprise
Leur principal souci est la confidentialité. Vient ensuite la demande d'efficacité (sous une forme ou une autre, cette requête revient fréquemment), par rapport aux contraintes industrielles et enfin, le problème du coût de la collaboration.
b) Les membres du RDT-BN
Ils ont indiscutablement, le plus, la notion de projet et, notamment, ce sont eux qui parlent du problème des délais : on a bien ici une requête d'ingénieurs face à des chercheurs. En second lieu, la question du résultat positif du projet est posée avec une préoccupation également répartie vis-à-vis des chefs d'entreprises et des chercheurs.
c) Les chercheurs
Le problème essentiel, et là aussi bien connu, est celui de la reconnaissance de leur travail en direction des entreprises et, plus généralement, des moyens à mettre en place pour permettre aux chercheurs, qui le choisissent, de consacrer une part significative de leur temps à des collaborations industrielles.
GRAVIR, en Basse Normandie, a montré que la motivation est forte chez les chercheurs, mais qu'ils voient leur charge de travail augmentée, (ne serait-ce que par leur implication dans GRAVIR), ce qui limite, de facto, leur implication.
De manière un peu surprenante, on a pu constater que les chercheurs n'ont pas conscience que leur méconnaissance (en moyenne) des réalités industrielles et, plus généralement, économiques est un handicap.
|
|
|
4.4 Points de friction particuliers
|
Là encore, il s'agit d'un autre regard sur les problèmes évoqués ci-dessus.
a) Les chefs d'entreprise
Vis-à-vis des chercheurs, le malaise porte sur leur manque supposé d'engagement et de continuité, sur le coût de la recherche et sur le risque que les chefs d'entreprise pensent courir de perte de contrôle du projet, voire d'une partie de l'activité de leur entreprise.
Vis-à-vis du RDT, les chefs d'entreprise craignent une attitude trop "paperassière".
b) Les membres du RDT
Ils craignent un manque d'engagement du chef d'entreprise par rapport au projet. Vis-à-vis des chercheurs, ils expriment, sous différentes formes, leur difficulté à trouver la personne adéquate.
c) Les chercheurs
Comme déjà dit, le malaise premier est la non reconnaissance de leur travail vers les entreprises. Vis-à-vis des chefs d'entreprises, ils reprochent leur manque de réalisme par rapport aux moyens à mettre en oeuvre pour la recherche. Vis-à-vis des membres du RDT, ils reprochent leur manque de discernement sur les aptitudes des entreprises à travailler avec des chercheurs ou de la recherche à satisfaire les demandes des entreprises.
|
|
|
| |
|
|